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Ecoles différentes pour enfants comme les autres

Dernières Nouvelles d'Alsace
Michèle Singer
Vendredi 20 Octobre 2006
Le congrès des écoles Steiner-Waldorf de France s'ouvre aujourd'hui à Strasbourg. En Alsace, trois écoles associatives mettent en oeuvre la pédagogie différente de Rudolf Steiner.
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| Beaucoup de cours débutent par la lecture ou la récitation de versets de Rudolf Steiner ou écrits par des professeurs, comme ici dans l'atelier bois de l'école Michaël de Strasbourg. (Photo DNA - Bernard Meyer) |
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À 7 ans, Elsa était déjà une enfant rêveuse. Scolarisée dans une école publique à Strasbourg, son année de cours préparatoire se passait mal : « Elle ne voulait plus aller à l'école et son institutrice comptait la faire redoubler », raconte sa maman, Véronique Brom.
Un entretien avec l'enseignante -« il a duré pas plus de dix minutes »- et des portes ouvertes sur la pédagogie Steiner l'ont convaincue. « J'ai compris que le système traditionnel allait fermer de plus en plus Elsa et qu'elle serait mise sur une voie de garage, alors je l'ai inscrite à l'école Michaël », dit Véronique Brom.
« Ni notes, ni redoublement »
« Beaucoup de familles nous choisissent par défaut », dit Martine Bruck, enseignante à l'école Michaël de Strasbourg, l'un des trois sites Steiner d'Alsace. Tentées parce que l'enfant ne se retrouve pas dans le système classique, elles sont servies : le fonctionnement et la pédagogie de ces établissements, qui relèvent du mouvement anthroposophique, sont vraiment différents.
Les écoles Steiner s'appuient sur « une collaboration étroite entre parents et enseignants avec l'enfant au centre », explique Xavier Marcilly, enseignant à l'école Michaël. Ce lien, « nécessaire pour comprendre l'enfant dans sa globalité », n'a qu'une limite : « Les parents ne se mêlent jamais de pédagogie », précise Marcelle Erny, secrétaire du conseil d'administration de l'école Mathias-Grünewald de Colmar.
Ces mêmes parents doivent être prêts à accepter la personnalité de leur gamin, considéré comme « une individualité qui s'éveille ». Les écoles Steiner insistent beaucoup sur l'autonomie et visent un objectif : « Que l'enfant se saisisse de toutes ses potentialités pour devenir actif. » L'enfant-roi ? Les enseignants s'en défendent : « On a des exigences, comme celle de saluer le maître en entrant en classe. »
« On apprend à lire très progressivement »
Ouvertes à tous, y compris aux jeunes filles voilées, les écoles Steiner pratiquent une pédagogie qui pourrait se symboliser par ceci : « Il n'y a pas de notes, ni de redoublement », dit Stéphan Reitter, enseignant à Colmar. Les élèves sont évalués non pas à partir d'un barème mais par rapport à leur propre évolution : « On regarde leur engagement dans le travail et leurs acquis. »
Le maître suit les enfants jusqu'à la 8e classe (4e), et le groupe grandit ensemble avec ses différences. L'anglais et l'allemand, voire l'espagnol, sont introduits à l'oral dès les petites classes. On apprend à lire et à écrire à partir de 7 ans, « très progressivement ». A 15 ans, on fait un stage agricole ou forestier de trois semaines, à 16-17 ans un stage artisanal ou industriel, à 17-18 ans, un stage axé sur le social.
L'enseignement laisse une large part aux travaux manuels : tricot dans les petites classes, bois ensuite, puis fer dans les grandes classes. Objectif ? Développer par la motricité fine des facultés de pensée et amener les élèves à réaliser de bout en bout un objet. Utilisé comme « vecteur de connaissances » dans toutes les disciplines, l'art est enseigné spécifiquement. Peinture, théâtre et musique : tous les enfants sont instrumentistes, chaque classe compte un orchestre.
Les contributions des familles représentent 80% du budget des écoles Steiner d'Alsace. Le reste provient des fêtes -les parents se chargent à 100% de la vie associative- et de quelques subventions des collectivités locales. La part de chaque famille correspond à 10 à 13% de ses revenus pour le premier enfant. Avec un minimum de 100 € par enfant et par mois.
© Dernières Nouvelles d'Alsace
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