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Voyage en Inde de la 11e classe
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la 11è classe de l’école de Sorgues en Inde

Octobre 2006. Deux anciens élèves des écoles Steiner de Verrières et Chatou présentent à Sorgues Vocation à disparaître, film à la fois artistique et documentaire sur les actions de l’ONG humanitaire Page d’Ecriture créée à l’occasion d’un travail de fin d’étude de l’un de ces anciens élèves. Cette ONG parraine alors des enfants Indiens et aide l’agriculture, suite aux dégâts du Tsunami. Impressionnée par l’engagement, l’implication et la détermination joyeuse de ces jeunes de 21 ans qui ont suivi le même cursus scolaire qu’eux-mêmes, notre 9è classe s’engage à son tour. Elle collecte des fonds et réalise avec succès une première opération « bol de riz ». Toute l’école se mobilise. Cette action sera reconduite de façon régulière.
Le projet est lancé. Il mûrit et se prépare concrètement tout au long des 9è et 10è classes. Il prend véritablement forme au début de la 11è classe.

En septembre 2008, la décision est prise définitivement grâce à la confiance accordée par les parents et les organes responsables de l’école : la 11è classe de l’école Steiner-Waldorf en région d’Avignon entreprendra son périple indien en février 2009.
Notre objectif : rencontrer enfants et adultes tout au long de notre séjour. Cette rencontre sera culturelle ; le fil rouge sera la pièce de théâtre préparée par la classe, une version bilingue franco-anglaise de La Tempête de Shakespeare.

Depuis le début du projet, les élèves ont décidé de financer entièrement ce voyage par leur travail et leur recherche de fonds. Ni l’école, ni les parents ne seront sollicités.
Une plaquette Sharing with India est réalisée par la classe pour rendre compte du projet et solliciter des donateurs. Les éditions Actes Sud en financent l’impression.

Nous nous sommes envolés le 17 février pour Chennai.
Débarqués à minuit dans la métropole indienne, nous rallions dans la nuit Pondicherry, notre première escale. Poussière, klaxons, circulation nocturne hasardeuse, mais découverte dès le lendemain de visages souriants, accueils chaleureux, lumière, soleil, couleurs, contrastes qui jalonneront tout notre voyage.
Très vite, nous partons pour Tiruvanamalai, petite ville de campagne. Nous sommes reçus dans deux centres d’accueil d’orphelins et de formation professionnelle, au cœur de villages de Dalits (Intouchables). C’est ici que l’ONG Page d’Ecriture a dédié des fonds auxquels nos élèves avaient contribué deux ans plus tôt. Chaleur et immédiateté de la rencontre. Nous sommes guidés par Rosario dans l’un de ces villages d’une pauvreté extrême, mais où la joie, l’intérêt pour l’autre et l’amour font la richesse. Nous sommes bouleversés.



Rosario est avocat d’origine Dalit. A 18 ans, il fonde l’association P.O.P.E (People Organization for Planning Education) avec pour objectif de défendre les Intouchables, de leur permettre d’accéder aux études et à la dignité.
Il raconte. A travers son récit, nous prenons la mesure de la dimension planétaire de son humble travail, comme un battement d’ailes de papillon influence le climat de contrées lointaines !
Une fête est organisée, préparée pour nous sûrement de longue date. Les enfants du village dansent et chantent. Nous présentons un extrait de notre travail théâtral. La soirée se prolonge autour d’un repas pris tous ensemble et s’achève par des danses et des jeux, langage universel.

De retour à Pondicherry, nous jouons la pièce au Lycée Français pour les classes de première et terminale. Notre aventure intéresse et étonne des élèves stupéfaits de constater qu’une école puisse permettre et encourager une telle expérience. Ils nous questionnent. Ils veulent comprendre : qu’est-ce qu’une école Steiner-Waldorf ?

Le 24 février, une semaine après notre arrivée, nous prenons le train pour Hyderabad. Huit cents kilomètres et quatorze heures de voyage nocturne, nouveau plongeon dans la vie indienne : train bondé, bruit incessant, mendicité, sentiment d’insécurité. En couchettes non climatisées, nous sommes les seuls Européens.



Au cœur d’Hyderabad, ville indienne moyenne de sept millions d’habitants, se trouve Sloka, une école Steiner qui comporte dix classes et un jardin d’enfants. Nous y découvrons des visages d’enfants plus favorisés par leur milieu familial pour qui la question première n’est plus de trouver une école, mais d’en choisir la pédagogie. Les professeurs nous accueillent avec chaleur ; là encore, notre travail théâtral permet de créer un lien avec les élèves.
Notre court séjour à Hyderabad, ville essentiellement musulmane, s’achève par la découverte de quelques hauts lieux culturels et cultuels (temples, tombeaux et mosquées) et par la visite d’un beau domaine, havre de paix loin du bruit de la ville, un peu à l’extérieur de celle-ci. C’est ici que s’implantera prochainement l’école qui envisage de compléter la résidence qui s’y trouve déjà, projet soutenu notamment par des fondations européennes et le mouvement mondial des écoles Steiner-Waldorf.

Nous regagnons Chennai, métropole plus vaste et dense encore qu’Hyderabad, avec plus de dix millions d’habitants. Nous rencontrons au coeur de la ville l’association Speed Trust qui s’efforce d’aider de multiples façons femmes et enfants confinés dans l’un ou l’autre des nombreux slums ou bidonvilles de cette mégapole. Certaines familles vivent sur douze mètres carrés, et ce ne sont pas moins de dix huit mille personnes qui se partagent une bande de territoire de cent cinquante mètres sur un kilomètre !
Speed Trust a pour objectif de permettre à ces habitants du slum de retrouver leur dignité par l’accès aux soins, aux cours du soir après l’école, aux micro crédits, à des ateliers divers, aux crèches improvisées pour eux, etc.
Philippe Malet, expatrié français, travaille là depuis dix ans. Il a créé cette initiative. Dans les locaux de son association, nous rencontrons de jeunes enfants qui nous présentent un extrait du Mahabarata. A notre tour, nous rejouons Shakespeare.
Le lendemain, excursion avec ces mêmes enfants : notre bus les conduit en notre compagnie au zoo, au temple, au restaurant, puis à l’Alliance Française où nous rejouons chacun ce que nous avons préparé. Retour vers le slum. Français et Indiens en délire, plus de frontières : le couloir du bus s’est transformé en piste de danse endiablée. In India, all is possible.

Les adieux voudraient n’être qu’un au revoir.
Dans le cœur de chacun de nous restent gravés ces sourires, ces accueils spontanés et chaleureux qui ouvrent des portes insoupçonnées vers soi et vers le monde. Ici, point encore de désenchantement. Pauvreté, certes, mais pas misère : la valeur de la rencontre et la force de l’engagement donnent sens à la vie.



Merci à tous ceux qui nous ont aidé à réaliser ce voyage par leur confiance, leur soutien moral et financier, leurs conseils.
Merci aux compagnons de voyage :
Eliane Journiac, infirmière que l’Inde passionne,
Willhelm Queyras, metteur en scène inspiré de notre pièce de théâtre et
Jacques Dallé, veilleur co-responsable de la dimension pédagogique du projet.
Bravo aux élèves qui ont su relever le défi.

Sorgues, le 19 mars 09
Praxède Dahan, tutrice de la 11è cl.


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