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Réponse à Jacques Lang


Paris, le 11 septembre 2001
Monsieur le Ministre,

Je vous remercie de la lettre que vous m'avez adressée le 24 juillet dernier. Comme vous j'apprécie qu'un dialogue ait pu s'instaurer entre les responsables du ministère de l'Éducation nationale à Paris et notre Fédération. Je serais heureux si, dans toutes les académies dont dépendent les écoles Steiner-Waldorf, la même qualité d'écoute était observée. Nous constatons en effet, dans les écoles sous contrat comme dans celles qui sont hors contrat, qu'un régime d'exception et des attitudes discriminatoires continuent souvent d'être appliqués. Monsieur Groscolas s'est engagé à rappeler plus clairement l'esprit de la loi de 1998 sur le renforcement du contrôle de l'obligation scolaire, qui garantit le respect du projet pédagogique et qui doit vérifier la progression de l'élève dans la réalisation de ce projet et les moyens mis en œuvre pour y parvenir. Je me permets de vous rappeler que nous sommes à la disposition des inspecteurs de votre ministère pour les informer précisément sur les spécificités de la pédagogie Steiner-Waldorf.

Au cours des derniers mois, pour satisfaire à la réglementation en vigueur en matière de vaccinations, nos écoles ont consacré un effort important pour rappeler aux parents d'élèves les obligations légales. Des effets significatifs s'en sont suivis. Je vous confirme que nous avons engagé nos chefs d'établissement à exercer un contrôle rigoureux au moment de l'inscription des nouveaux élèves lors de cette rentrée scolaire.

Je prends acte avec beaucoup de satisfaction que vous confirmez que les écoles Steiner-Waldorf sont innocentes des accusations sectaires dont elles ont fait l'objet. Ces accusations ignobles nous ont causé des préjudices considérables. Je vous remercie de les avoir ainsi officiellement contredites, comme vient de le faire la Cour d'appel du Tribunal correctionnel de Paris qui a confirmé que les propos tenus à notre sujet il y a deux ans par M. Jacques Guyard étaient bien diffamatoires.

Dans votre lettre, vous exprimez le souhait « que les écoles [...] ouvrent également [les parents d'élèves] à la connaissance de la pensée de [...] Rudolf Steiner. » Je tiens à vous rappeler que les écoles Steiner-Waldorf sont des établissements scolaires qui proposent à leurs élèves un enseignement fondé sur une pédagogie spécifique, inspirée des travaux de Rudolf Steiner, mais qu'elles n'ont pas vocation à initier les élèves ou leurs parents à la connaissance ou à la pratique d'un mouvement de pensée particulier, quel qu'il soit. Les enseignants des écoles Steiner-Waldorf élaborent leur pratique professionnelle à partir des travaux pédagogiques de Steiner : ces sources documentaires, qu'ils diffusent par exemple dans des conférences, sont accessibles dans nos établissements aux parents d'élèves qui le souhaitent. En ce qui concerne les ouvrages relatifs à l'anthroposophie, ils sont dans le domaine public et n'importe qui peut se les procurer aisément. Les écoles Steiner-Waldorf exercent leur activité d'établissements d'enseignement en toute transparence, mais sans aucune volonté de prosélytisme.

Pour conclure, je sollicite auprès de vous un rendez-vous pour évoquer ces différents sujets et réitérer la proposition que je vous ai faite dans mes lettres du 25 avril et du 30 juin 2000. L'intérêt que représente l'existence dans notre pays d'écoles différentes, offrant une véritable alternative pédagogique aux élèves et à leurs parents, doit être reconnu. Je souhaite que le ministère de l'Éducation nationale appuie la Fédération des Écoles Steiner en France dans cet objectif et qu'il étudie avec elle les termes d'une « convention » lui permettant de disposer de la garantie du respect de son identité et lui offrant les moyens financiers nécessaires à son développement.

En vous remerciant de l'écoute attentive que vous avez bien voulu nous témoigner et de l'intérêt que vous manifestez à l'égard de nos écoles, je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma considération distinguée.
Jacques Dallé



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