![]() |
Accueillir chaque enfant comme une personne unique |
|
||||||||||
| Accueil | Actualité | La pédagogie Waldorf | Témoignages | Formation des enseignants | ||||||||||||
L'École d'EL SEITUN - L'OLIVIER en Galilée Dans un contexte de conflit exacerbé, c’est une première extraordinaire en Israël ! L’existence d’une école Steiner-Waldorf en langue arabe dans la ville arabe de Shfar’am entre Haïfa et Nazareth. La naissance du projet a bénéficié d’une situation favorable d’exception : depuis 20 ans, le kibboutz Harduf voisin s’est engagé dans la coopération entre arabes et juifs par des actions communes de paix et guérison. Il s’est ensuivi une longue amitié et collaboration entre des professeurs israéliens : musulmans et juifs, d’horizons différents ayant fini par venir travailler ensemble à l’école Steiner-Waldorf du Kibboutz Harduf, après s’être formés en pédagogie Steiner-Waldorf en Europe. Ces personnalités ont uni leurs efforts pour créer cette initiative unique en Israël : offrir la pédagogie Steiner-Waldorf en langue arabe à une population arabe. S’il existait déjà en langue hébreu dix écoles et soixante jardins d’enfants à travers le pays - dont celui d’Ein Bustan près de Haïfa, mixte arabe-hébreu -, l’école primaire de L’Olivier, quant à elle, est spécifiquement consacrée à la culture arabe. Le but est de permettre aux enfants arabes israéliens, de religion musulmane et chrétienne, de vivre dans leurs propres traditions. Les fêtes musulmanes et chrétiennes sont pratiquées de concert. Une des visions à long terme est l’unification de l’école Steiner-Waldorf primaire de Shfar’am avec celle d’Harduf par la concrétisation dans le cycle secondaire de classes mixtes devant promouvoir les deux cultures arabe et juive et ouvrir un pont entre les deux communautés. L’initiative a pris son essor en 2002 à Harduf par la création d’un séminaire pédagogique Steiner-Waldorf en langue arabe pour des étudiants arabes. En 2004, à la suite d’un travail intense, le projet s’est incarné par l’implantation à Shfar’am d’un premier jardin d’enfants, suivi d’un deuxième. A ce jour, le groupe des grands compte 27 enfants et celui des petits, 20. Stéfanie Allon, pionnière en Israël pour créer des jardins d’enfants du sud au nord, dont ceux d’Harduf, est le mentor de ceux d’El Seitun. En 2007, un pas décisif important a été franchi par l’ouverture de la 1ère classe avec 17 enfants. Une femme, Lana Nasrallah, arabe chrétienne, peintre thérapeute, est le premier professeur de la première école arabe d’Israël ! Située de l’autre côté de la rue, la bâtisse blanche de l’école recèle encore deux autres petites salles pour accueillir les classes à venir. Les cours de spécialistes sont donnés par des professeurs d’Harduf qui font la navette. Avant son cours de gymnastique Bothmer, Amin Sawayed nous emmena visiter l’école et ses belles réalisations. Les enfants de la 1ère classe accoururent pour lui faire la fête. Le tableau de la classe s’ouvrait sur un texte calligraphié en fine écriture arabe rouge. Dans la cour, des enfants appliqués balayaient les feuilles d’eucalyptus, aidés par Jacob, le stagiaire allemand. Les autres élèves jouaient paisiblement à l’ombre au fond du jardin dans le bac à sable. Ensuite, la jardinière d’enfants Amina, sœur d’Amin, nous fit visiter, en face, les salles harmonieuses des jardins d’enfants et nous raconta la vie des lieux. Ensemble, nous avons partagé une partie de la matinée dans l’immense véranda recouverte de tapis ouvrant sur le parc de jeux, autour de petits enfants bruns et blonds affairés dans leurs jeux. Certains grimpaient ou s’abritaient dans un arbre-maison organique. De grandes toiles bleues suspendues protégeaient du soleil cuisant ceux qui jouaient au toboggan ou au sable dans le jardin adjacent. Le groupe des grands qui prenait un délicieux repas, tout tranquille, accueillit notre visite inattendue avec exubérance. Nous nous sentions «à la maison» malgré le jardin aux arbres exotiques et la chaleur de cet été tardif d’octobre. Cette initiative remarquable n’existe pas sans sacrifice. Du fait que les autorités gouvernementales n’ont pas encore reconnu ce projet pourtant pilote, il s’ensuit une lourde charge pour l’école naissante. Concernant le séminaire pour les étudiants de culture arabe, la plupart d’entre eux provenant de familles aux capacités économiques limitées, les enseignants responsables ont décidé de diminuer de moitié le coût des études pour les rendre accessibles et donc de réduire leur salaire de moitié ou plus. Projet phare d’espoir par les précieux germes de paix et d’avenir qu’il porte, L’Olivier mérite d’être connu et de recevoir notre chaleureux soutien.
|
|